Réflexions sur "La rafle",

mise en scene de Rose Bosch,

avec Jean Reno et Mélanie Laurent

 

 

 

Ceci est l' histoire vraie de la rafle exécutée par les autorités françaises d'environ 13.000 Juifs vivant à Paris en Juillet 1942, initialement recueillis dans le Vélodrome d'hiver puis transportés vers des camps de concentration pour être "éliminés".

 

Dans un film de ce genre, ce sont les événements eux-mêmes qui sont les «stars» - la représentation de ces événements est le centre de l'attention, leur importance et leur impact sont servis par les personnages et leurs réactions face à ces événements.

 

La première demi-heure montre des familles juives chez eux et leur vie quotidienne face aux limitations sociales sans cesse croissantes et les menaces à leur sécurité. Bien sûr, nous avons vu ce genre de chose avant, mais ici la révélation troublante, c'est que c'était le gouvernement de Vichy et la police française (sous la direction des nazis), et certains citoyens ordinaires qui ont traité les Juifs avec le même mépris que les Nazis eux-mêmes.

 

 

Le traitement des Juifs (entrée interdite dans les parcs, la perte d'emplois et finalement l'expulsion de leurs propres maisons) est d'autant plus choquant, réaliste et frappant que l '«ennemi» n'est pas celle qu'on attend, traditionnellement, et donc nous partageons le choc, l'indignation et le sentiment d'injustice des familles juives.

 

Le public aime sentir qu'il peut l'emporter sur les Nazis, moralement parlant, mais ici on nous fait voir que ce n'est pas seulement les nazis mais aussi d'autres nationalités et des individus qui partageaient l'indifférence terrible envers la vie et le sort des citoyens juifs, qui tentent de justifier leurs actions meurtrières et vicieuses en raison de l'ascendance.

Nous sommes encore abasourdis par la manière dont les représentants de l'autorité ont profité de la situation des Juifs en leur volant et en profitant autrement de leur situation.

 

 

 

La facilité avec laquelle les membres de la police et la population peuvent être amenés à ce point est quelque peu troublant, ou est-ce indicatif de quelque chose de plus profond et inquiétant?

 

Les gens se joignent à cette persécution afin de survivre eux-mêmes? Est-ce une forme d'auto-protection en s'éloignant de ceux qui sont persécutés, et en se mettant du côté des plus forts plutôt que de suivre le chemin de la justice? Est-ce que le principe et la morale sont abandonnés dans les moments difficiles?

 

Ce n'est pas, bien sûr,  tout le monde qui considère l'humanité et la compassion comme des valeurs à éviter dans les mauvais moments, et il y a plusieurs exemples de ce type d'action (qui pourraient être considérés comme des actes d'héroïsme, étant donné les conséquences potentielles pour l'aide offerte) d'une variété de personnages - les voisins qui tentent de sauver les enfants, les pompiers qui ne respectent pas leurs ordres et qui fournissent de l'eau aux détenus souffrant de malnutrition, les citoyens prêts à falsifier des papiers pour permettre aux détenus de s'échapper, et même le policier qui est prêt à fermer ses yeux à ces tentatives d'évasion.

 

 

L'infirmière protestante Annette Monod  (Mélanie Laurent) est peut-être le meilleur exemple de compassion humanitaire. Elle est prête à se porter volontaire pour soigner les détenus et forme un attachement particulier pour les enfants (qui comptait environ 4000). Elle se pousse à la limite physiquement et mentalement, souhaitant accompagner les enfants sur leur dernier voyage, mais en est dissuadé par le Docteur David Sheinbaum (Jean Reno), un médecin juif qui partagera le sort des détenus.

 

Cependant, il semble y avoir eu fort peu de contestation de la part des autorités - les personnes en autorité n'ont offert aucune direction, sauf pour poursuivre leurs instructions.

 

Bien sûr, de nombreux autres sujets sont abordés au cours du film - les conditions de vie imposées aux détenus, la persistance de l'espoir en dépit des circonstances, et la culpabilité personnelle d'un père qui sent qu'il n'a pas fait assez pour protéger sa famille - ces questions et bien d'autres thèmes sont explorés dans le film, mais le "message" écrasant est la complicité non seulement des nazis dans ce crime horrible contre l'humanité, mais de plusieurs autres aussi.

 

 

En racontant cette histoire vraie (et il est d'autant plus décevant et terrifiant de se rappeler que ce film est basé sur des événements réels, le film  nous offre sûrement un terrible avertissement (en utilisant des extrêmes dramatiques) des dangers de mettre la race, la religion, le nationalité, l'ambition politique et l'auto-promotion au détriment des autres au-dessus de l'humanité et de la civilisation.

 

 

 

Je dois dire que j'ai eu des doutes au sujet du film au cours de la première demi-heure, lorsque nous sommes confrontés à des scènes chaleureuses, les enfants doux et mignons, la détérioration progressive des conditions de vie, mais face à un stoïcisme et un certain humour - tout est un peu manipulateur. Cependant, j'ai vite compris que c’était fait non seulement pour introduire et nous familiariser  avec les différents personnages, mais pour contraster violemment avec leur traitement dur et impitoyable de la part des autorités.

 

La direction et l'écriture (Rose Bosch) sont très efficaces - le public éprouve un sentiment d'injustice et recule dans l'horreur devant les différentes actions, et se sent l'émotion et la dévastation à d'autres moments. Il y a une très belle opposition entre l'humanité et l'inhumanité rendue d'autant plus effrayant en raison de l'apparente indifférence au sort des victimes, l'application de la loi sans réflexion ou considération de ce que tout cela signifiait pour les détenus, et un certain évitement de la responsabilité.

 

 

Les acteurs sont touchants et puissants - Jean Reno et Gad Elmaleh sont convaincants et émouvants. Mélanie Laurent a plus à faire et joue d’une façon parfois déchirante dans le rôle de Annette Monod, qui représente la voix de la raison et l'humanité ignorée par les autorités.

 

Le film appartient, toutefois, aux enfants qui sont palpants et naturels.

 

 

C'est un film digne, attachant et mémorable qui partage certains des traits d'Annette - ce film a peut-être été largement ignoré, mais il montre aussi la valeur de l’humanité, la persévérance et l'espoir.

 

Stuart Fernie

 

 

 

Merci d'avoir pris le temps de lire cette page - vous pouvez me joindre à stuartfernie@yahoo.co.uk .

 

 

Writing exercise on "La Rafle" (in French) 

 

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