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Les Choristes
"Les Choristes" est
touchant, charmant, drôle, émouvant et inspirant. Mais surtout, il est très
français. C'est l'histoire d'un nouveau
surveillant,
Clément Mathieu, qui arrive au pensionnat Fond de l'Étang
pour garçons défavorisés et entre
immédiatement en conflit avec la philosophie disciplinaire
du proviseur, Monsieur Rachin.
Lorsque nous
confions
l'éducation de nos jeunes aux enseignants,
nous formulons des hypothèses sur la motivation des enseignants, leurs
qualifications et leur caractère.
"Les Choristes"
défie ces trois
hypothèses et présente une image à des moments pénibles du système d'éducation
post-guerre en France. Certes, cette école a ses
problèmes particuliers -
nous avons affaire avec des extrêmes – des garçons orphelins
ou des garçons dont les parents n'ont pas les
moyens de les soutenir (financièrement et / ou socialement), mais cela ne sert
qu'à accentuer le conflit entre les deux styles d'éducation établis
dans le film - la discipline stricte autocratique qui contraste avec l’approche
plus sensible, compatissante et humaine.

Le proviseur, Monsieur Rachin, est un personnage
particulièrement antipathique, froid et rigide dans son application des règles.
Ceci est en contraste direct avec Clément Mathieu, un surveillant
modeste
qui présente néanmoins une approche bien plus
attrayante et humaine envers les problèmes
d'éducation et comment traiter les enfants potentiellement difficiles.
Les méthodes de Rachin
rappellent
l'Ancien Régime, tandis que les méthodes de Mathieu sont en harmonie avec les
Lumières et l'âge de raison. Mathieu semble incarner les mots d'ordre « in loco
parentis » (à la place des parents), les maîtres mots de la profession
enseignante écossaise, comme il montre une
attitude bienveillante et cherche à encourager
les garçons, plutôt que de simplement les traiter. Rachin montre peu de
considération pour ses élèves et voit
clairement son rôle comme celui de la gestion plutôt que d'éducation
ou de développement.
Le film aurait pu facilement tomber dans un ton plus
sombre, étant donné le contexte et la plupart du contenu, mais Barratier et ses
acteurs parviennent à maintenir un ton positif, en grande partie
parce qu’il
ne s'attarde pas sur les événements les plus désagréables, mais aussi, et
peut-être plus important, grâce à l'injection d'humour et de l'espoir de Mathieu
sous la forme d'action positive et un sentiment de progrès.
La musique du film augmente considérablement le ton et
renforce le pathos. À certains moments d'une simplicité trompeuse, mais teintée
de tristesse et de l'esprit de jeunesse, la musique du film nous permet de
partager encore plus vivement les émotions et les réactions des personnages.
Quelle est la clé du succès de Mathieu avec les garçons?
De toute évidence, ils apprennent à apprécier la musique et chanter à merveille,
mais plus important encore, ils apprennent le respect - pour les autres et pour
eux-mêmes grâce aux efforts qu'ils font et le succès qu'ils acquièrent à la
suite de ces efforts. Ils apprennent à se traiter avec considération. La musique
peut être le moyen, mais l'objectif et le résultat final est l'humanité.

Le film montre clairement qu'un homme peut faire une
différence. Mathieu touche la vie de ces garçons. En dehors de l'humanité de
l'introduction de la musique (qui est un motif suffisant pour le succès!), il
introduit également le respect.
Comme la grande majorité des êtres humains honnêtes, ses
œuvres demeurent méconnues et il n'atteindra jamais la gloire et la
reconnaissance qu'il désire, mais il a touché et transformé la vie d'une manière
plus fondamentale - il est quelqu'un qu'on admire,
quelqu'un dont le "héroïsme" est
réalisable par tous.
Il est triste, voire tragique, qu'il
considère sa vie comme un échec.
Il a, bien sûr, une défaillance importante - Mondain.
Cependant, même Mondain semble suggérer qu'il reconnaît
l’influence potentiellement positive de
Mathieu comme il
hoche la tête vers lui comme il est enlevé par la police. C'est peut-être tout
simplement trop tard pour Mondain - il est incapable ou refuse de changer, mais
peut-être aussi, s'il avait rencontré quelqu'un comme Mathieu, quelques années
auparavant .... .
Il convient de souligner que Mathieu
ne souffre pas trop
de la part des garçons. À cet égard, le film pourrait
être assez accusé d'être un peu simpliste. Les garçons répondent sans aucun
doute trop rapidement et facilement au style de Mathieu, mais nous devons nous
rappeler qu'il s'agit d'un hymne à l'humanité. Il s'agit d'une représentation,
une œuvre d'art si vous voulez. Il fait ses points de façon claire et
convaincante, avec une progression constante de l'histoire et dans le
développement du caractère.
Les performances sont excellentes tout au long - Rachin
(interprété par François Berléand) est dépourvu de toute possibilité ou d'un
élément de sympathie (avoir incorporé
cet élément aurait pu conduire vers
la tragédie), et au lieu, nous sommes invités à voir et à rire de ses
faiblesses. De cette façon, le film reste divertissant tout en faisant des
points graves.

Mathieu (Gérard Jugnot) est un personnage charmant et
est magnifiquement joué par Jugnot alors que nous avons la sympathie maximale
pour ce perdant
qui n’est pas d’accord avec son temps et la société, et qui devient un héros
improbable. Il semble suggérer que tout homme peut être un héros en étant
humain.
La direction de Christophe Barratier est vive et riche
en émotion - nous nous sentons une réelle sympathie pour ces personnages et nous
venons à nous préoccuper
de leur sort, alors qu'il aurait été agréable d'entendre et de voir comment Le
Querrec, Boniface, Corbin et les autres s'étaient passées dans la vie, ainsi que
Morhange et Pépinot. Toutefois, une telle
critique est insignifiante face à une conte tellement touchante de l'humanité.

email: stuartfernie@yahoo.co.uk